Au secours, je suis introverti(e)

Pendant très longtemps j’ai voulu faire cet article. Mais j’ai pris mon temps, parce qu’avec ces choses-là, il faut trouver les bons mots, et dire des paroles justes. Alors d’abord, je me suis moi-même informée sur le sujet. Je me suis rendue compte bien trop tard que j’étais introvertie. Au début, les gens vous qualifient de « timide », « secrète » ou « discrète », alors vous l’imprimez et continuez de penser que oui, vous êtes sans doute timide, secrète et discrète. Il n’en est rien. Vous êtes peut-être juste introverti(e).

Tout au long de ma jeunesse et encore plus durant mon enfance, les gens ont essayé de me changer, ne comprenant pas mon introversion. Il faut se l’avouer, ce monde est clairement fait pour les extravertis. Alors à l’école, lorsque vous ne parlez pas, ou que vous n’avez pas/peu d’amis, on vous demande de sortir de votre cocon, de parler et participer plus. Aux anniversaires auxquels on m’invitait, bien que j’avais 7 ou 8 ans, je ne voulais pas y aller. Déjà je ne me sentais pas bien dans ces groupes cahutant à droite et à gauche, criant fort et sautant partout. Alors ma mère, croyant bien faire, me forçait un peu la main, m’assurant que j’allais bien m’amuser et surtout me faire beaucoup d’amis. Résultat des courses: je passais l’après-midi dans mon coin, n’osant rien faire ni rien toucher, priant Dieu pour que ma chère maman revienne vite me chercher et me sortir de cet enfer. Je me souviens me sentir très différente des autres, j’aimais juste être chez moi, tranquille, avec mes proches. Et tout cela, même 20 ans plus tard, n’a pas beaucoup changé.

Revenons d’abord, sur ce qu’est plus exactement l’introversion. L’introverti est de nature réservé, très centré sur son intérieur. A contrario de l’extraverti qui est exubérant, qui aime la compagnie, rit, fait la fête. Les introvertis, pour la plupart, parlent peu, restent souvent seuls. Nous sommes des mystères pour les autres, n’exprimant pas beaucoup ce que nous ressentons.

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De ce fait, la population n’a de cesse de nous attribuer des stéréotypes: nous serions selon eux, pas très sympathiques, froids, secrets, un peu mystérieux, sans autorité, frustrants voire bizarres contrairement à eux, extravertis, vus comme les bons vivants agréables à fréquenter. La liste ne s’arrête malheureusement pas là: impassibles, pas spontanés, qui n’aiment pas les gens, qui sont détachés, incapable de prendre la parole en public, et j’en passe.

Serions-nous les vilains petits canards de la société?

Etant moi-même introvertie, je sais que ce sont réellement pour beaucoup de ces qualificatifs attribués, des stéréotypes. Ce que je reproche très souvent, c’est le jugement des autres, qui n’acceptent pas cette façon d’être. Car pour moi, c’est un trait de personnalité, comme être gourmand, ou jaloux, ou mauvais perdant. Les autres (et par autres j’entends les extravertis), ne nous comprennent pas, ni même n’essayent, ni même ne respectent notre façon d’être. Qu’on se l’avoue, de toute façon, le monde actuel est fait pour les extravertis. Ceux qui se mettent en avant sont souvent ceux qui seront propulsés.

Personnellement, je ne me qualifierais pas d’anti-sociale. Je dirais simplement que je suis plus douée pour les relations intimes que les relations superficielles, et que je suis attachée à un petit nombre de personnes auxquelles je reste très fidèle. Contrairement aux idées reçues, je sais très bien m’amuser, mais peut-être, il est vrai, d’une autre façon que les extravertis. En effet, ma sortie idéale du samedi soir n’est certainement pas une boîte de nuit, mais j’adore aller au restaurant avec des amis, ou même (et c’est encore mieux), juste mon chéri, puis rentrer à la maison et me poser ou discuter toute la nuit. J’adore les soirées entre copains proches, dans lesquelles on fait des jeux drôles, ou on se raconte des vieilles histoires amusantes. Ce n’est pas une punition pour moi de rester seule chez moi avec un bon livre et du thé le vendredi soir, loin de là. Ce n’est pas non plus un handicap pour moi de n’avoir que quelques amis proches. Je sais que ce sont mes vrais Amis, qui feront absolument tout pour moi. Ils me suffisent amplement, et je n’ai pas besoin d’amis juste pour l’apparence et faire gonfler le nombre.

Je préfère cent fois faire un discours devant une centaine de personnes, que de devoir aller m’intégrer et faire la causette avec ce petit monde juste après. Lorsque je rencontre de nouvelles personnes, je me fais toute discrète, pas par peur, ni par honte. Je pèse mes mots, et je n’aime pas parler pour ne rien dire. On pourrait peut être dire que certains introvertis sont sélectifs quant aux personnes qui les entourent. Je peux aussi affirmer que je n’aime pas parler de futilités, de la pluie et du beau temps; en revanche, les conversations plus profondes me passionnent !

Je ne suis pas timide. Moult et moult personnes confondent les deux. On peut être introverti et pas timide. La différence étant la suivante: « la timidité est liée à la crainte du jugement social. L’introversion définit davantage la manière dont vous réagissez aux stimuli, y compris aux stimuli sociaux. Les extravertis les recherchent vraiment, alors que les introvertis sont parfaitement en éveil et au meilleur de leurs capacités dans un environnement plus calme » d’après Susan Cain.

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Je me referme quand il y  a trop de monde, et pour moi, être trop longtemps au contact du monde c’est épuisant. Même si j’ai très envie d’aller à un endroit, j’aurais ensuite également très envie de rentrer chez moi et de me poser au calme. Cela ne veut aucunement dire que je n’aime pas cette soirée/cet endroit où je suis sortie, mais que passé un certain moment, j’ai juste besoin d’être chez moi. Je suis vite fatiguée, envahie et agressée par un environnement bruyant et plein de monde. Ce qui est complètement opposé à l’attitude de l’extraverti, qui attribue la plus grande importance au monde extérieur. Ils aiment les groupes, s’y sentent dans leur élément et s’y affirment avec bonheur. Ils préfèrent avoir des contacts nombreux tout au long de la journée, et se sentent mal s’ils restent trop longtemps isolés. Ce qui est clairement la définition de cauchemar pour la plupart d’entre nous.

Alors, oui, longtemps je me suis sentie anormale. Encore aujourd’hui parfois, je m’en veux de ne pas m’amuser à certaines sorties ou événements de groupe. Je m’en veux quand je n’arrive pas à me mettre en avant, et que je me fais toute petite pour me faire oublier. Je m’en veux quand je n’ai envie de rien d’autre que de lire, écrire ou rêvasser, toute seule. Cela me peine quand ceux qui ne me connaissent pas disent de moi que je ne suis pas très « funky », car tous mes amis proches vous diront que si, si, je peux être un vrai clown, il faut juste bien me connaître pour que je sois suffisamment à l’aise pour vous le montrer. Je me sens comme une moins que rien, lorsque je vois ces personnes à l’aise dans des nouveaux groupes, pouvant faire une discussion avec eux en moins de deux, attirant les gens comme des aimants et que moi, je suis incapable de sortir un mot. Je m’en veux quand on me propose d’aller faire la fête et que je n’ai tout bonnement pas envie d’y aller, car je ne m’amuserai pas.

Je l’ai clairement longtemps mal vécu. Et encore à l’heure actuelle, parfois certaines réflexions ne sont pas drôles à entendre. C’est épuisant de devoir se justifier à chaque fois, de pourquoi on est comme on est. Les plus ouverts d’esprit entendront ce que nous avons à dire, les autres nous prendrons pour hautains, ne se mêlant pas à la foule et mal poli. Alors j’ai arrêté de me donner ce mal. J’essaie simplement de voir les bons côtés de mon introversion (car oui, il y en a dont selon moi la plus important: je peux être seule avec moi-même sans m’ennuyer. Je me suffit à moi-même). Mon entourage me connaît et m’accepte ainsi, n’est-ce pas là finalement la chose la plus importante, si déjà, nous ne nous en voulons plus d’être introverti ? Il faut se plaire à soi-même et arrêter de vouloir plaire à tout le monde. Arrêter de se dire qu’on n’est pas normal, car pas comme les autres. La majorité n’a pas toujours raison. Et puis même, il ne s’agit pas d’avoir raison ou pas, mais de s’accepter, comme on est. Et finalement, ceux qui ne tolèrent pas notre introversion, ne vaut-il de toutes les façon mieux ne pas les avoir dans notre vie ?  Prenons ce trait de personnalité comme une force, et non comme un gros défaut. Heureux et introvertis.

Liens utiles:

Et vous, pensez-vous être introverti ?

Mit Liebe

E.

 

 

 

 

7 commentaires sur “Au secours, je suis introverti(e)

  1. Coucou ! Ah celui là je ne le connais pas. J’ai entamé moi le livre écrit par Susan Cain sur les introverties, qui sait j’apprendrais peut être de nouvelles choses encore !

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