J’avais un camarade

J’avais un camarade

Il fait nuit, et il fait tellement froid. Je me sens complètement déphasé, je ne comprends pas ce qu’il m’arrive. Allongé par terre dans la neige, j’essaie, malgré mon corps tout endolori, de bouger lentement mes jambes, puis mes bras. Mais avec mon uniforme militaire, recouvert par son ensemble intempérie parka et sur-pantalon avec fourrure polaire obligatoires par cette saison hivernale, j’ai la sensation de peser vingt kilos de plus. Il m’est impossible de me redresser, et mes tendances anxieuses dans ce genre de situations, ne font que s’accentuer à une vitesse incontrôlée, m’imposant une sensation d’étouffement et de suffocation.